Lundi 13 février 2012
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Au Burkina Faso : sensibilisation aux droits de l’enfant.
Chaque année la commission justice et paix des Instituts religieux du Burkina Faso organise des sessions sur des sujets relatifs à la justice, à l’environnement…
Cette année nous étions une trentaine de délégués à prendre part à une session de sensibilisation et de
formation ayant trait à la prise en charge psycho-sociale, sanitaire et juridique de filles travaillant comme aides ménagères, ici couramment appelées « Bonnes ». La session
était animée par une équipe de la Croix rouge du Burkina et une équipe de Monaco. Nous avons bénéficié d’un premier exposé sur l’accompagnement et la prise en charge psycho-sociale des
jeunes filles victimes de violences (sexuelle, psychologique, morale : viol, grossesse précoce, maladies…) ; un deuxième exposé a traité de la santé en ce qui concerne la procréation, et
enfin un troisième exposé sur les aspects juridiques et la protection de ces jeunes filles.
Du contenu de ces exposés, nous avons été saisies par l’ampleur que prend le trafic humain des filles de milieu rural
vers nos centres urbains (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou…) ; ce sont leurs proches parents qui les font aller en ville afin de se procurer ainsi de l’argent. Ces filles sont placées
dans des familles d’accueil qui les exploitent ; l’indemnité qu’elles perçoivent revient aux parents qui les y ont envoyées. Ce qui a également retenu notre attention c’est le fait que notre Pays
qui a ratifié la convention des droits de l’enfant n’ait pas encore voté une loi condamnant de telles pratiques qui ne respectent pas les droits de ces filles encore mineures, âgées de 6 à14 ans.
Au cours des carrefours, nous avons discuté de tout cela et nous avons décidé que de retour dans nos lieux de mission nous allions entreprendre la sensibilisation de nos communautés, de nos
familles, de tous ceux avec qui nous collaborons…, car certains ignorent le mal qu’ils font subir à ces filles tandis que d’autres le font carrément sans scrupule.
Le dernier jour nous avons été heureuses d’entendre un témoignage très poignant. Sr Edith Kaboré, sœur de Saint Gildas
des Bois, nous a dit comment, depuis quelques années, elle s’est battue en faveur de la protection et la réinsertion de ces filles dans la ville de Ouagadougou. Avec le secours de l’Unicef, elle
a pu établir un Code de bonne conduite que quelques patronnes ont commencé d’appliquer : donner un temps de repos à celles qui travaillent chez elles, laisser un temps pour
l’alphabétisation, accorder une indemnité mensuelle adéquate …
Sœur Lydie et Nathalie, déléguées de la
Vice province pour la commission Justice et paix.
Par toubabou
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Publié dans : diebougou(burkina)
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