diebougou(burkina)

Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 19:36

Au Burkina Faso : sensibilisation aux droits de l’enfant.

Chaque année la commission justice et paix des Instituts religieux du Burkina Faso organise des sessions sur des sujets relatifs à la justice, à l’environnement…

Cette année nous étions une trentaine de délégués à prendre part à une session de sensibilisation et de formation ayant trait à la prise en charge psycho-sociale, sanitaire et juridique de filles travaillant comme aides ménagères, ici couramment appelées « Bonnes ». La session était animée par une équipe de la Croix rouge du Burkina et une équipe de Monaco. Nous avons bénéficié d’un premier exposé sur l’accompagnement et la prise en charge psycho-sociale des jeunes filles victimes de violences (sexuelle, psychologique, morale : viol, grossesse précoce, maladies…) ; un deuxième exposé a traité de la santé en ce qui concerne la procréation, et enfin un troisième exposé sur les aspects juridiques et la protection de ces jeunes filles. 

Du contenu de ces exposés, nous avons été saisies par l’ampleur que prend le trafic humain des filles de milieu rural vers nos centres urbains (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou…) ; ce sont leurs proches parents qui les font aller en ville afin de se procurer ainsi de l’argent. Ces filles sont placées dans des familles d’accueil qui les exploitent ; l’indemnité qu’elles perçoivent revient aux parents qui les y ont envoyées. Ce qui a également retenu notre attention c’est le fait que notre Pays qui a ratifié la convention des droits de l’enfant n’ait pas encore voté une loi condamnant de telles pratiques qui ne respectent pas les droits de ces filles encore mineures, âgées de 6 à14 ans. Au cours des carrefours, nous avons discuté de tout cela et nous avons décidé que de retour dans nos lieux de mission nous allions entreprendre la sensibilisation de nos communautés, de nos familles, de tous ceux avec qui nous collaborons…, car certains ignorent le mal qu’ils font subir à ces filles tandis que d’autres le font carrément sans scrupule.

Le dernier jour nous avons été heureuses d’entendre un témoignage très poignant. Sr Edith Kaboré, sœur de Saint Gildas des Bois, nous a dit comment, depuis quelques années, elle s’est battue en faveur de la protection et la réinsertion de ces filles dans la ville de Ouagadougou. Avec le secours de l’Unicef, elle a pu établir un Code de bonne conduite que quelques patronnes ont commencé d’appliquer : donner un temps de repos à celles qui travaillent chez elles, laisser un temps pour l’alphabétisation, accorder une indemnité mensuelle adéquate …

Sœur Lydie et Nathalie, déléguées de la Vice province pour la commission Justice et paix.

  

 

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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 18:11

Dans la suite du Christ

C’est au début du mois de novembre 2011 qu’Alice, Anne-Marie, Marthe et Vedette, toutes les quatre d’origine camerounaise, sont arrivées au Burkina Faso, plus particulièrement à Diébougou,  pour commencer leur formation à la vie religieuse ; et le 30 elles ont célébré leur entrée dans cette première étape qu’est le Postulat. Elles racontent cette célébration :

 « Après nous être nourries d’une session inter postulat de connaissance de soi par la méthode de l’ennéagramme, à Koudougou, nous avons ensuite vécu une recollection de trois jours au Monastère des Sœurs Cisterciennes de Bafor à Diébougou avec Soeur Olga, notre responsable du Postulat. Ces deux expériences nous ont conduites à la célébration d’entrée qui a marqué chacune de nous d’une manière particulière. En effet, comme il n’y avait à notre disposition qu’une seule croix, insigne du postulat, la même croix nous a été transmise de l’une à l’autre… si bien que ce fut pour nous une interpellation à nous entraider, à nous soutenir à tout moment surtout quand le besoin se fera sentir. Nous avons aussi été touchées par le symbole du cierge allumé que chacune d’entre nous a reçu des mains d’une sœur ainée ; cierge allumé qui nous rappelle notre baptême : dans notre vie de chaque jour devenir lumières, témoins du Christ au milieu de nos frères et sœurs.

Cette célébration d’entrée au postulat restera pour nous inoubliable : elle symbolise notre premier pas à la suite du Christ. »

Les 4 postulantes

 

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Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 15:44

 

 

 

 

 

Communauté de Diébougou

La communauté de Diébougou est située au sud-ouest du Burkina en la province de Bougouriba, dans

un peuple interethnique et interreligieux.

La communauté compte 6 soeurs, professes temporaires et perpétuelles, de 30 à 70 ans, de 4

nationalités différentes. Marquées par nos histoires personnelles, nos cultures, l’histoire de nos pays,

de nos Eglises, nous voulons mieux nous connaître et mieux connaître la population au milieu de

laquelle nous sommes insérées pour

élargir l’espace de notre tente (Is 54, 2)

et vivre au mieux les

différences.

Notre souhait est d’enraciner toujours plus notre vie dans le Christ et de nous laisser

conduire par l’Esprit.

C’est Lui qui nous rassemble pour construire une Maison de Charité, c’est Lui qui

nous envoie dans nos différentes insertions pour y vivre

sa mission d’Amour

.

Notre principale activité est le Centre de Récupération et d’Education Nutritionnel

(CREN),

auprès

d’enfants malnutris. Nous sommes responsables du foyer « Marie Balavenne » pour jeunes filles

étudiantes ; nous sommes présentes au collège-lycée des Frères des Ecoles Chrétiennes comme

enseignante ou étudiante et à l’hôpital de Diébougou comme infirmière ; nous prenons part au conseil

paroissial, à la catéchèse, au comité

Justice, Paix, Intégrité de la Création

; et comme communauté

de formation, nous accompagnons les jeunes soeurs.

 

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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 20:38

LOROPENI EST UN VILLAGE FAISANT PARTI DU DIOCESE DE DIEBOUGOU.

Ferme Ecole de Tompena

 

LA FERME-ECOLE DE TOMPENA

Directeur : abbé Lazare Somé
Tel (Burkina Faso) : (00 226) 70 46 81 42 ou bien 76 03 26 55
Adresse : Ocades Diébougou
BP 35 Diébougou, Province de la Bougouriba
Burkina Faso
Courriel : ferme_ecoletompena@yahoo.fr
Dossier : télécharger ici
Se loger à Loropeni : voir ici

PRESENTATION

L'objectif essentiel du projet est de former de jeunes Burkinabè aux métiers et pratiques agricoles s'appuyant sur des modèles d'exploitation économiquement viables et rentables.
C'est pour atteindre cet objectif qu'a été mise en place une Ferme Ecole à Tompena (à Loropeni), pour contribuer à l'amélioration de la productivité agricole, à la modernisation des systèmes agricoles et accroître les revenus des agriculteurs. Cette ferme-école travaille en liaison avec une entreprise identique au Bénin.
Cette idée est venue devant le départ massif des jeunes pour la ville, faute de trouver du travail sur place. Le projet a débuté en 2005 et commence à porter ses fruits avec des cultures, des animaux et les premiers élèves arrivés en novembre 2008.
Plusieurs associations travaillent pour cette entreprise : parmi elles, l'ASPA, CABUSO et Bon Pasteur Mission dans les Alpes-Maritimes.

 

 
.

 

 

Après une visite des lieux ; tout le monde assiste à une présentation de l'emballage des oeufs pour la vente. Ceux-ci sont tous vendus dans les villages voisins par des intermédiaires très satisfaits.

 
Autres réalisations de la ferme-école : un champe d'anacardiers (la récolte des anacardes présente un apport intéressant avec la fabrication de noix de cajou). A droite le moulin à farine situé au coeur du hameau de Tompena ; son fonctionnement amène un petit apport financier.

 

 
Une dizaine d'ouvriers agricoles a été embauché . Ils logent - pour une partie - sur place ; une case est prévue pour dormir et l'autre pour faire la cuisine.

 
L'eau est un réel problème. Ci-dessus, le puits existant, les ouvriers sont obligés de puiser avec un seau car la pompe ne fonctionne pas correctement (ensablement ?) d'autres sondages ont eu lieu pour repérer d'éventuelles autres nappes. A droite le poulailler avec les poules pondeuses ; il est volontairement couvert de paille afin de démontrer aux élèves qu'il est toujours possible de bâtir selon des méthodes traditionnelles.

 

 

  •  

 Ci-dessus, les  "poulets bicyclettes " (poulets élevés pour la viande) avec - à droite - une couveuse de fortune. On y pose la nuit une lampe à pétrôle allumée afin que les poussins ne meurent pas de froid. Mais le taux de mortalité est très élevé et par la suite, le projet sera provisoirement abandonné.


Une des porcheries avec les truies qui se sont vite trouvées à l'étroit. Le but de la ferme-école est également d'élever des races de croisement entre le bétail traditionnel et une autre race importée, réputée plus solide afin d'améliorer la race et le rendement.

 

Le troupeau de zébus ; en saison sèche, le zébu maigrit et sa bosse s'affaisse, mais dès la saison des pluies, il reprend très vite du poids.

 

 

 

 

 

 

LES BESOINS ET LES NOUVELLES

En janvier 2010, la deuxième promotion d'élèves est présente à la ferme-école, mais ce sont des garçons. Pour recevoir une promotion de filles, il faut construire un bâtiment dortoir, un bâtiment de sanitaires. Il manque aussi une salle pour les professeur et une bibliothèque.

Un projet d'électrification de la ferme est à l'étude grâce à une école d'ingénieur de Nantes

Par toubabou - Publié dans : diebougou(burkina)
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Dimanche 28 août 2011 7 28 /08 /Août /2011 16:58

Comme pour la plupart de ses camarades d’enfance, il a donc fait de l’agriculture, son activité principale. « Chez nous, on apprend à cultiver dans les champs d’arachide. Donc, quand on amenait les enfants dans les champs, je les suivais. C’est ainsi que j’ai commencé à cultiver l’arachide. Après, j’ai commencé à me débrouiller avec la culture du mil sur des terrains nus. Je préparais les champs pour que les gens puissent y semer du mil. Après les semis, je laboure moi-même. J’ai progressivement associé à la culture du mil et des arachides, les autres spéculations comme le maïs, le haricot et le riz. Présentement, je cultive toutes les spéculations comme les autres agriculteurs de chez nous », explique-t-il. Si tel est le cas, il lui faut une capacité singulière pour distinguer l’herbe des différents plants qu’il cultive.

A ce propos, il affirme procéder par le toucher de la main gauche. « Je cultivais sur les terrains nus avec la main droite et je tâtais avec la main gauche pour voir s’il y a de l’herbe. Après, j’ai essayé de différencier l’herbe et les plantes. C’est par ce procédé que je suis arrivé à distinguer l’herbe et le mil, l’herbe et le haricot, l’herbe et le maïs, l’herbe et les arachides, l’herbe et le riz et ainsi de suite », confie-t-il. Kounsoa Kambiré travaille dans son champ, sans l’aide de quelqu’un. Seulement, il reconnaît qu’il ne peut pas semer, étant donné qu’il faut respecter les lignes. La tâche de semer revient à sa mère et son épouse. Né en 1976, M. Kambiré est marié depuis 2004 et est actuellement père de deux enfants, une fille de 5 ans et un garçon d’un an. L’aveugle aux 1000 metiers se débrouille bien.

« Comme dans tout champ familial, je travaille avec ma mère et mon épouse. Grâce au fruit de ce travail, je nourris ma femme, mes deux enfants, ma mère, la femme de mon défunt frère et ses deux enfants », précise-t-il.

Un véritable génie

 Au-delà de son activité principale qu’est l’agriculture, Kounsoa Kambiré s’est essayé à plusieurs autres métiers qui lui ont plus ou moins réussi. De ceux-là, il y a l’élevage de la volaille. Selon ses explications, c’est avec son mil qu’il nourrit ses poussins. Mais en saison sèche, dit-il, « je demande aux gens de me trouver les points de termites et chaque matin, avec les excrétas de bœufs et les tiges de maïs, j’utilise un canari pour récolter les termites afin de nourrir les poussins ». Il dit avoir reçu par la suite un financement de l’Alliance chrétienne pour la coopération économique et le développement social (ACCEDES) pour accroître son élevage. Mais la faiblesse de la fréquence du passage des agents vétérinaires pour leur vaccination a fait que cette activité n’a pu atteindre les espoirs escomptés : les poulets sont morts et il ne dispose aujourd’hui que de deux poules et quelques poussins. Si Kounsoa Kambiré s’essaie également à l’élevage des porcs, il a fait du tissage de matériels divers, sa principale source de devises.

Il déclare avoir appris en 2002, la confection de chaises et de lits-picots tissés avec l’Association burkinabè pour la promotion des aveugles et malvoyants (ABPAM). De plus, il a appris à tisser les tapis et les hamacs avec l’Action sur le handicap et le développement (ADD). Selon Joseph Palm, président de l’Association des aveugles et malvoyants (AAMV) et vice-président de la coordination des associations des personnes handicapées de la Bougouriba, Kounsoa est un génie en la matière. Il explique qu’avec ADD, l’association qu’il dirige, Kounsoa a reçu un fonds pour le tissage de lits-picots et de chaises. « Il était parmi les 10 membres que nous avons sélectionnés en 2002 pour l’apprentissage. Et pour la petite histoire, il a été le meilleur et le plus rapide. Actuellement, c’est nous, c’est-à-dire moi-même, lui et une autre personne, qui avons pu suivre la formation jusqu’au bout », raconte-t-il.

Kounsoa Kambiré Ce talent s’est aussi exprimé par une initiative qu’il a lui-même développée pour le tissage des petits tabourets. Il a acquis ce savoir-faire en s’inspirant d’un cas où les fils du tabouret étaient coupés. Actuellement, soutient Kounsoa Kambiré, « je reçois personnellement des commandes que je livre en main propre. Mais parfois, si l’ABPAM a des commandes, on nous fait appel et nous partons travailler au siège à Diébougou ». Kounsoa Kambiré a appris aussi à jouer du balafon. C’est même un « balafoniste hors pair » que l’on rencontre lors des manifestations populaires et réjouissances dans le village.

Des frustrations malgré tout

Son épouse Yelfabéta Kpoda, affirme qu’ils sont mariés depuis 7 ans et explique qu’avant cette étape, elle a beaucoup réfléchi. « Je me suis dit equ’il est certes aveugle, mais c’est un homme comme tous les autres ». Comme elle, le grand-père maternel de l’aveugle, Panhinwin Dabiré, révèle que depuis qu’il est né, il n’a jamais eu de problème entre lui et les gens du village, avant d’ajouter que « si ce n’est pas lui, on n’a jamais vu un aveugle qui sait cultiver et qui mène plusieurs autres activités ». Grâce aux séances d’apprentissage qu’il a eues avec son association, il marche avec la canne et arrive à faire la navette entre Ségré, son village, et Diébougou (distant de 5 km), où se trouve le siège de l’AAMV, sans l’aide de quelqu’un.

Bien qu’il ne considère pas son handicap comme une fatalité, Kounsoa Kambiré admet qu’être aveugle constitue un problème. « Le handicap limite mes actions et m’empêche de m’épanouir comme tout le monde », déplore-t-il. En effet, souligne-t-il, « les gens bien portants n’ont généralement pas accès aux financements, à plus forte raison les aveugles à qui on demande des garanties avant de leur prêter de l’argent ». Il a déjà, à plusieurs reprises, vainement approché des institutions financières pour bénéficier de prêts afin de mieux organiser son activité de tissage de lits-picots, chaises, tabourets, hamacs et tapis. Son objectif c’est d’avoir suffisamment de ressources à même de produire en continu pour revendre au lieu d’attendre les commandes qui se font rares. Avec lui, se pose également la question de l’accès à la terre. « Ici à Ségré, je suis chez mes oncles maternels. On m’a donné la terre pour cultiver. Et comme je ne vois pas, je ne peux que cultiver aux alentours des concessions. Parfois, mes cousins et oncles me donnent des portions de terre et l’année qui suit, ils peuvent venir retirer leur terrain », raconte-t-il avec tristesse.

Jean-Marie TOE (jmt16j@yahoo.fr)

 

Sidwaya du 24 août 2011

 

P-S de Maurice Oudet : En ce mois d'août j'ai travaillé un peu sur le site www.abcburkina.net. J'ai regroupé quelques articles sous la filière lait... J'ai également créé deux nouvelles catégories : Le protectionnisme et Divers. Je vous conseille notamment la lecture de deux articles :

1. Un pays pauvre peut-il sortir de la pauvreté sans se protéger ?

2. Ubuntu, c'est simple et efficace.

Kounsoa Kambiré, l’aveugle aux 1 000 métiers

Kounsoa Kambiré, l’aveugle aux 1 000 métiers Kounsoa Kambiré, aveugle depuis son enfance à Ségré, village situé à 5 km de Diébougou dans la province de la Bougouriba, force l’admiration. Agé de 35 ans et père de famille, il arrive de lui-même, à cultiver le mil, le maïs, le haricot, les poids de terre et l’arachide. Zoum sur cet aveugle très combatif, qui est également balfoniste, vannier et éleveur.

 Kounsoa Kambiré dans son champ de milIl faut le voir à l’œuvre pour y croire ! le samedi 23 juillet 2011 aux environs de 8 heures à Ségré dans la Bougouriba, Kounsoa Kambiré, est en pleins travaux champêtres. Il laboure seul son champ de petit mil, à l’aide d’une daba. Avec dextérité, il avait déjà désherbé une partie de son champ, laissant derrière lui, des rangées bien rayonnantes de plants de petit mil. En l’observant à l’œuvre à distance, tout portait donc à croire de loin, qu’il s’agit d’un agriculteur ordinaire. Mais une fois de près on se rend compte que c’est un aveugle. Selon sa mère, Wèrbar Kambiré, « Kounsoa est né bien portant. C’est à l’âge de quatre ans qu’il a été atteint de variole, ce qui l’a rendu aveugle ». Malgré tout, il dit lui-même avoir compris très tôt que cela n’était pas une fatalité.

 

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