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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 15:07

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cette femme fabrique de l'huile de neem et elle commercialise au marché de son village. Cette huile est très demandée car elle est très efficace contre la plupart des dermatoses qui touchent les populations qui fréquentent ce marché. Cette propriété du neem est assez bien connue. Ce qui est moins fréquent et mérite d'être notée, c'est que cette femme ne se contente pas de vendre son huile. Elle vend également son tourteau de neem à un cultivateur qui fait du maraîchage. Ce paysan dilue ce tourteau dans l'eau et il obtient ainsi un insecticide avec lequel il traite ses légumes. A l'écouter, il apprécie l'efficacité de cet insecticide. Ses clients aussi sont satisfaits. Car ils savent que trop de maraîchers utilisent des insecticides chimiques souvent dangereux pour la santé. Il y a là une double piste à étudier : les graines de neem peuvent fournir une excellente huile pour la santé, mais aussi un insecticide de qualité pour nos légumes !

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 15:00

Miser sur l'Agriculture Familiale pour nourrir le monde, c'est vraiment le bon choix !

Comme chaque année, le SEDELAN est heureux de vous souhaiter une bonne année. Cette année 2014 a été déclarée « Année Internationale de l'Agriculture Familiale » par l'ONU. Unissons nos efforts pour que, de fait, les conditions de vie des paysans du monde entier s'améliorent. Que partout dans le monde l’agriculture soit reconnue comme un métier à part entière qui génère des droits et des devoirs. Que le scandale de « la faim des paysans » tende à disparaître. Le SEDELAN ne ménagera pas ses efforts en ce sens.

                                                ........................................................................................................

 Le 10 décembre dernier, j'étais invité à Dori pour être témoin de la 6° assemblée générale de l'Union Nationale des Mini Laiteries du Burkina. Cette Union regroupe plus de 30 mini laiteries. Elle a été fondée il y a 6 ans, et chaque année elle a tenue son assemblée générale. Ce qui, malheureusement, n'est pas le cas de toutes les organisations paysannes. Et cette année elle a renouvelé l'ensemble des membres du bureau. C'est ainsi que la présidente, Madame Gariko, a quitté la présidence. Elle a été nommée présidente d'honneur. C'est l'ancien secrétaire, M. Adama Ibrahim Diallo qui a été choisi pour assumer la charge de président. Le SEDELAN continuera d'être aux côtés de l'Union comme précédemment.

 

Quelques jours plus tard, nous étions à Tambolo, à quelques kilomètres de la ville de Po (aux sud de Ouagadougou, près de la frontière du Ghana, pour assister à la naissance d'une nouvelle laiterie. Le Directeur Provincial des Ressources Animales était là, ainsi qu'un représentant du Maire de Po. Signe d'un bon climat de collaboration. Ce qui est encourageant aussi, c'est de savoir que c'est toute une population (les hommes aussi) qui se lèvent pour aller de l'avant. Il faut savoir que c'est à Tambolo que pour la première fois j'ai vu des femmes peules cultiver. Elles cultivaient leur champ de soja. Ce sont elles qui sont sur la photo. Quant à leurs enfants, tous ceux qui sont en âge d'être scolarisés vont à l'école. Ce qui n'était pas le cas il y a deux ans !

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 17:27

 

Deux étudiants africains créent un savon pour lutter contre le paludisme.

 

 

 

« Investir dans l'avenir : vaincre le paludisme »

Aujourd'hui, 25 avril 2013 , c'est la journée mondiale contre le paludisme. C'est donc l'occasion de faire le point sur cette maladie parasitaire. A l'échelle mondiale, le nombre de décès dus à un accès de paludisme est estimé, pour l'année 2010, à 660 000 et toutes les 60 secondes, un enfant meurt de la malaria (principalement des enfants de moins de 5 ans, en Afrique Subsaharienne).  Cependant tout espoir n'est pas perdu.

Le moustique, vecteur du paludismeLe savon du FasoEn effet, à l'échelle mondiale, depuis l'année 2000, les taux de mortalité due au paludisme ont baissé...

  • À l’échelle mondiale : baisse de plus de 25 %

  • En Afrique : baisse de 33 %

Ces résultats encourageants sont dus principalement à deux facteurs :

1. L’apparition de nouveaux médicaments très efficaces, à base de dérivés de l'Arteminisine. Pour augmenter leur effet, mais aussi pour retarder l'apparition de résistances, ces dérivés sont administrés en association avec une autre molécule. C'est ainsi qu'au Burkina vous trouvez des comprimés antipaludiques composés de « Arthéméther et de Luméfantrina ». Sous forme de spécialités « Art.... », le traitement vous coûtera 3 400 F CFA. Mais si vous demandez le générique, il ne vous coûtera plus que 1 200 F à 1 300 F. C'est encore chers pour les plus démunis.

C'est ainsi que Sanofi (un laboratoire pharmaceutique privé)et DNDi (Drugs for Neglected Diseasesinitiative) ont développé un médicament antipaludique dans le cadre d’un partenariat public-privé innovant. Ce médicament, une combinaison thérapeutique à base d’artémisinine, a été développé pour répondre aux exigences de l’OMS. Depuis octobre 2008, plus de 120 million de traitements ont été vendus à fin 2011 à prix préférentiels pouvant aller jusqu’au prix “sans perte-sans profit” et distribués en Afrique sub-saharienne aux organisations internationales (OMS), aux centrales d’achat gouvernementales, aux grands financeurs (UNITAID, Fonds Mondial, …). (Sources Sanofi).

Ce médicament est appelé « ASAQ » (car il associe un dérivé synthétique de l'artémisinine, l'artésunate* (AS), à l'amodiaquine (AQ) ). Sanofi ayant renoncé à tout brevet sur ce produit, le traitement complet coûte moins de 1 dollar (un peu plus de 500 F CFA) pour un adulte et la moitié pour un enfant. Je ne l'ai jamais vu commercialisé au Burkina. Pourquoi ?


2. Des ventes massives de moustiquaires imprégnées d'insecticides vendues à prix social.

Ces jours-ci, une nouvelle est largement médiatisée : Deux étudiants, un Burkinabè, Moctar Dembélé, et un Burundais, Gérard Niyondiko, ont réussi à créer un savon qui repousse les moustiques, et donc évite la contamination du parasite responsable du paludisme.

Etudiants à l’Institut international d’ingénierie de l’eau et l’environnement (2iE), à Ouagadougou, ils sont les premiers jeunes non-issus du continent américain à remporter le concours Global Social Venture Competition (GSVC), à savoir 25.000 dollars pour le premier prix et 1500 dollars pour le prix du public. La victoire à ce concours, qui récompense des projets d’entreprise innovants et sociaux de grandes écoles dans le monde, devrait leur permettre de lancer leur entreprise, Faso Soap (Le savon du Faso).

Le savon a été testé sur un échantillon de la population à Ouagadougou, en collaboration avec le médecin de leur école, et les retours ont été plutôt positifs."Les moustiques et les larves des moustiques se développent dans les nombreuses eaux stagnantes de la ville, explique Lisa Barutel, chargée d’entrepreneuriat chez 2iE,utiliser le savon et le mettre dans les lessives évite la contamination."

Si le potentiel d’impact est intéressant, le projet devra encore faire ses preuves. L’argent du concours devrait d’ailleurs servir à lancer une seconde étude plus poussée, en collaboration avec le Centre national de lutte contre le paludisme du Burkina Faso, pour analyser les éventuels effets secondaires.

Les étudiants souhaitent finaliser leur produit et monter leur entreprise d'ici la fin de leur master, avec l’aide des laboratoires proches de leur école. Ensuite, ils procéderont à la distribution. Chaque savon sera vendu au même prix qu'un savon quelconque, soit 300 francs CFA (46 centimes d’euros), dans les réseaux de vente habituels.

Paris, le 25 avril 2013
Maurice Oudet
Président du SEDELAN

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 16:06

mobilisons nous pour la securité alimentaire en Afrique.

Le puit d'amitier au CREN, FSE

article du journal d'EAU VIVE.( www.eau-vive.org )

 

A l'heure des menaces de crise alimentaire , est il besoin d'affirmer encore l'importance d'une approche de developpement a long terme?


cette approche integrée fait ses preuves chaque année.

elle permet progressivement d'asseoir un tissu socio-economique equilibré ,source de bienfaits nutritionnels , d'emulation au sein d'un village, avec des retombées positives en terme de capacités d'investissement et d'organisation,qui laissent envisager un avenir plus prometteur.


NOUS SAVONS TOUS QU'APRES LA REALISATION D'UN FORAGE dans un village ,les femmes ne sont plus assujetties a la corvée d'eau .elles utilisent ce temps liberé a de nouvelles occupations.

le projet que nous vous proposons de soutenir aujourd'hui vise a leur permettre d'accéder aux moyens de production supplementaire dont elles ont besoin pour developper leurs activités.


il s'agit d'engagerune dynamique ,a partir de leurs initiatives ,a l'echelle de la communauté rurale,en aliant reflexion collective,formation et gestion avec des solutions techniques simples ,adaptées et accessibles faisant appel a leur contribution personnelle,au micro-credit et la mobilisation exterieure

la zone ,a la confluence du Burkina faso,du Mali et du Niger neccessite un renforcement des actions de developpement deja en cours.

ZONE D'INTERVENTION.

11 COMMUNES SUR 3 PAYS

 

PROGRAMME.

 

-developper  la culture de haricots niébé

-construire des puits maraichers

-amenager une mare et des etangs piscicoles

-amenager des perimetres maraichers

-developper la culture irriguée en "goute-a goutte"

-former a l'embouche ovine et l'elevage de la volaille et developper ces activités

-former en compostage et vulgariser cette pratique

-apporter du conseil aux groupements en matiere de gestion de leurs activités

-permettre l'accés au credit et ameliorer le niveau d'epargne.

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 19:53

Trois milliards d’habitants en Afrique d’ici 2 100

 

La terre a franchit ce lundi 31 octobre 2011, officiellement, le cap des sept milliards d’habitants, selon l’ONU. L’Afrique, qui a le taux de croissance le plus élevée au monde, compte à elle seule désormais plus d’un milliards de personnes. L’enjeu de cette évolution démographique est de taille : et pour le monde, et pour l'Afrique.

 Pour le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le passage aux 7 milliards d’habitants n’est pas à prendre à la légère. « Ce n’est pas une simple affaire de chiffre. C’est une histoire humaine », a-t-il déclaré dans une école new-yorkaise la semaine dernière. « Sept milliards de personnes ont besoin de nourriture. D’énergie. D’offres intéressantes en matière d’emplois et d’éducation. De droits et de liberté. La liberté d’expression. La liberté de pouvoir élever ses enfants en paix et dans la sécurité. Tout ce que chacun souhaite pour soi, multiplié par 7 milliards », a-t-il dit.

Mais si l'enjeu est de taille pour le monde, que dire pour l'Afrique ? Selon l’ONU, le continent africain a le taux de croissance le plus élevé. Depuis 2009, il compte plus d’un milliard d’habitants et devrait atteindre les 2 milliards d’ici 2044. La planète compte ainsi de plus en plus d’africains. L’institut national des études démographiques (INED) a indiqué qu’en 2100 la population africaine devrait passer à 3 milliards.

 

Au niveau du monde, comme de l'Afrique, la grande question est de savoir si les ressources seront suffisantes pour nourrir tous ces habitants.

La grande escroquerie !

Des chercheurs et des investisseurs se sont basés sur des données statistiques et des images satellite pour affirmer la disponibilité suffisante de terre en friche, notamment en Afrique. Ainsi, en 2010, la Banque mondiale citait des études concluant que 445 millions d’hectares de terres inutilisées et à fort potentiel agricole étaient disponibles, terres non boisées, non protégées et habitées par moins de 25 personnes/km². C'est une escroquerie !

Les images satellite ne montrent pas la façon dont la terre est utilisée pour la culture itinérante, le pastoralisme, la chasse et la cueillette, et d’autres utilisations fondamentales des terres dites « en friche ».

En de nombreux endroits, la contrainte réelle pour l’agriculture est l’eau, pas la terre. Les recherches menées par Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) sur les transactions foncières à grande échelle dans la région de l’office du Niger au Mali ont montré que pendant la saison sèche, il n’y a pas d’eau qui reste inutilisée. L’eau qui sera utilisée par les nouveaux projets d’irrigation prévus le sera au détriment des exploitants traditionnels au Mali, en aval au Niger et au Nigeria. (source : Note d'information d'Oxfam du 22 septembre 2011, Terres et Pouvoirs).

Malgré cela, l'accaparement des terres s'accentue en Afrique

Le phénomène d'accaparement des terres dans les pays en développement prend de l'ampleur, et notamment en Afrique où 60 millions d'hectares - soit la superficie de la France - ont été cédés en 2009. C'est ce qui ressort de plusieurs recherches publiées par des ONG internationales au cours des derniers mois. Dans un rapport intitulé « Comprendre les accords d'investissement dans le foncier en Afrique », publié au mois de juin, le think tank américain Oakland Institute constate que les achats de terres sont principalement le fait de spéculations, par « les mêmes firmes financières qui ont conduit à la récession mondiale en gonflant la bulle immobilière par des manœuvres risquées ». Se référant à des travaux spécifiques menés au Mali et en Sierra Leone, Oakland Institute souligne aussi les effets des politiques de la Banque mondiale qui ont « façonné l'environnement économique, fiscal et juridique d'une manière qui favorise l'acquisition de vastes étendues de terres fertiles par quelques intérêts privés ». Le rapport met en évidence la facilité avec laquelle les investisseurs prennent possession de terres, en affichant souvent des promesses qu'ils ne tiennent pas. Ces opérations « n'apportent pratiquement aucun des avantages promis aux populations locales, mais expulsent des millions de petits paysans de leurs terres ancestrales afin de faire place à la culture de produits d'exportation et notamment les biocarburants » indique le rapport.

Gouverner, c'est prévoir

En ce jour où nous apprenons que nous sommes 7 milliards sur notre planète et surtout que « bientôt » nous serons 3 milliards en Afrique (3 fois plus qu'aujourd'hui), il est permis de se poser la question : « à quoi jouent les chefs d’États africains qui permettent un tel pillage de l'Afrique ?».

Mais rien ne sert de se lamenter. Il faut un changement radical de politique. D'où viendra-t-il ?

 

Nous dédions cette lettre au Forum des Peuples qui se tient actuellement au Mali, et dont un des thèmes majeurs sera bien : « l'accaparement des terres ». Nous en espérons des propositions d'action concrètes.

 

 

Koudougou, le 31 octobre 2011
Maurice Oudet
Président du SEDELAN

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 18:39

Burkina : objectif zéro importation de riz ?

Remarquez l'expression : 100% brisure de luxe ! Sans protection, le riz local risque d'avoir du mal à se vendre à un prix rémunérateur pour les producteurs« Nigeria: objectif zéro importation de riz »

« D’ici 2015, le Nigeria ne devrait plus importer de riz thaïlandais, américain ou béninois. Goodluck Jonathan, le président nigérian, a annoncé le 16 août qu’il faisait de la production de riz locale une priorité, d’ici la fin de son mandat, dans quatre ans. «Il n’y a pas de raisons que le Nigeria importe du riz», a déclaré Jonathan, lors d’une réunion avec le Fonds international pour le développement de l’agriculture (Fida).

Comme le Zimbabwe, une nation qui exportait jadis son surplus de céréales, le Nigeria a les moyens d’atteindre l’auto-suffisance et même d’exporter son riz dans la sous-région. L’objectif: satisfaire les besoins de 152 millions de Nigérians, tout en soutenant l’agriculture. Le secteur agricole, qui représente le premier pilier de l’économie nationale (37% du PIB), avant les mines et le pétrole (30%), bénéficie déjà d’une politique volontariste des autorités.

Sa croissance a dépassé 6 % en 2010, grâce aux pluies suffisantes et à un plan spécial de crédit pour l’agriculture commerciale (Commercial Agriculture Redit Scheme, CACS). Le gouvernement a en partie réglé les problèmes de taux d’intérêts élevés du crédit agricole, en injectant 200 milliards de nairas (905 millions d’euros) dans les prêts aux producteurs, à faibles taux.

La décision du Nigeria n’est pour l’instant qu’une annonce, mais elle est déjà exemplaire. Bien d’autres pays, en Afrique de l’Ouest, sont capables d’atteindre l’auto-suffisance, mais la volonté politique fait défaut – entre autres, à cause des marchés considérables que veulent garder les gros importateurs de riz, souvent liés au pouvoir. » (Sabine Cessou)

Rappelons qu'en 2004 (encore aujourd'hui?) le Nigeria était le premier importateur mondial de riz, avec des importations qui dépassaient le million de tonnes.

La première question qui m'est venu à l'esprit en lisant la conclusion de l'auteur est celle-ci : Sabine Cessou pensait-elle au Burkina Faso quand elle écrivait : « Bien d’autres pays, en Afrique de l’Ouest, sont capables d’atteindre l’auto-suffisance, mais la volonté politique fait défaut – entre autres, à cause des marchés considérables que veulent garder les gros importateurs de riz, souvent liés au pouvoir. ?» Car nous l'avons souvent écrit : le Burkina est capable d'atteindre l'auto-suffisance en riz. Mais subventionné le riz importé comme le gouvernement vient de le faire n'est pas la meilleure voie pour y parvenir !

Mais ce que je trouve tout à fait intéressant dans cette prise de position du président du Nigeria, c'est qu'elle intervient à un moment d'intenses négociations sur le Tarif Extérieur Commun (TEC, c'est à dire l'ensemble des droits de douanes à l'importation) de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest). Or le Nigeria, s'il veut vraiment atteindre l'auto-suffisance en riz ne peut pas se contenter d'une taxe à l'importation de 10% sur le riz. C'est pourtant le montant actuel de la taxe sur le riz au sein de l'UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest Africaine), et par là de la CEDEAO depuis janvier 2006. C'est le Nigeria qui a obtenu une 5° bande tarifaire pour le TEC. Si le Nigeria pèse de tout son poids, il peut obtenir que le riz soit taxé à 50% à l'importation.

Compte tenu de l'évolution du marché mondial, avec une telle taxe les producteurs de riz seront alors définitivement protégés des importations de riz à bas prix. Il sera possible d'investir dans ce secteur. Même les investissements lourds que supposent le développement des plaines irriguées. Si la CEDEAO décidait de taxer ainsi le riz à l'importation, en quelques années le Nigeria et le Burkina seraient auto-suffisant en riz ; et même l'ensemble de la CEDEAO.

Et si la CEDEAO décidait de protéger l'ensemble de son agriculture, en accompagnant cette mesure d'une politique agricole volontariste (dans la durée), en quelques années l'Afrique de l'Ouest deviendrait une puissance agricole et alimentaire. Les terres, l'eau, le soleil, les hommes et les femmes sont là.

Aujourd'hui, seule manque la volonté politique.

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 09:32

Quand des paysans se font hôteliers : le campement de Niansogoni.

Le week-end dernier, avec un ami et un petit-neveu, je me suis offert un peu de tourisme. Nous avons été dans le sud-ouest du pays, visitant les cascades de Banfora et les rochers de Sindou. De là, nous avons rejoint le village de Niansogoni, et son campement. Le site est remarquable. Le campement également.


 

Les rochers, ou les Départ vers l'habitat troglodyte. Au premier plan, deux cases du campement.Le village de Niansogoni, est un village « Wara ». Les Waras forment un sous-groupe de l'ethnie sénoufo qui compte environ 1 500 000 individus, répartis en plus de 30 sous-groupes. Le pays sénoufo, lui, s'étend sur 3 États : le Mali, la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso.

Niansogoni en sénoufo signifie « entre les collines ». Le nom Wara du village «kwomu» («10 familles») rappelle les dix familles qui créèrent le village. Il n'y a pas si longtemps, les Waras vivaient dans la falaise, dans les rochers. Les derniers habitants de Niansogoni à abandonner le site et à s'installer dans la plaine le firent en 1980. Ceci explique le bon état général de ces habitats troglodytes et la présence de vestiges qui nous permettent d'imaginer ce fut la vie quotidienne des habitants : jarres, greniers de forme ogivale superbement décorés, divers ustensiles et outillages (lames de houe, marmites, des cors en fer, etc.). (Pour plus de photos ou détails, cliquer ici)

L’accès au site et aux ruines troglodytes demande trois quarts d'heure d'ascension. Des guides, fils du village, dont les parents habitaient ces ruines, se feront un plaisir de vous accompagner.

Porte d'entrée d'une case creusée dans le rocher Greniers en forme d'ogive, construits sur les rochers, dans la falaiseIl me faut également parler du campement. Ce n'est évidemment pas la première fois que je suis hébergé par des paysans. Quand j'étais en paroisse à Kiembara au pays samo, au nord-ouest du Burkina, je passais la moitié de mes nuits dans les villages, accueilli par des familles de paysans. Quand j'apprenais le samo, puis le samoma (deux langues qui ne sont pas de la même famille), j'ai passé des mois dans les villages, logeant chez des paysans. Mais avec le campement de Niansogoni, c'est la première fois que je logeais dans une structure hôtelière gérée directement par les paysans du village. Et j'ai bien apprécié, comme mes compagnons. Je ne parle pas seulement des commodités : une case ronde pour chacun (avec douche à l’extérieur), un lit avec moustiquaire et des draps propres, un repas tout à fait correct, avec une bière bien frappée (grâce à un frigo solaire), un petit-déjeuner avec du pain et de la confiture de mangues... et tout cela pour 10 euros environ par personne.

Mais ce que j'ai apprécié le plus, c'est que les touristes n'ont pas abîmé le village (ils ne l'ont pas gâté !, comme on dit ici). Aucun enfant ne nous a approchés pour demander un cadeau ou un bic, ou encore des bonbons, comme c'est trop souvent le cas dans les lieux touristiques. J'ai cherché à comprendre comment cela était possible ?

Cors ou trompettes traditionnelles, en fer. Greniers waras, au village, dans la plaine.Je me suis tourné vers Richard. C'est lui qui est à l'origine du campement : « C'est en 2002 que nous avons eu l'idée de construire un campement pour accueillir les touristes qui devenaient de plus en plus nombreux, surtout en janvier et février. Dès le début, nous avons voulu que ce soit l'affaire de tout le village. C'est pour cela que nous avons créé une association de solidarité pour le développement de Niansogoni. Nos vieux y participent. Aucune décision importante n'est prise sans leur accord. C'est ainsi qu'en 2002, nous avons construit les 4 premières cases, et les douches et les latrines. »

 

 

 

Enfants du village qui trient les noix de karité. Au campement de Niansogoni, un peu de repos !Je lui dis que je suis étonné, mais heureux, de constater qu'aucun enfant n'est venu demander un cadeau ou des bonbons. Il me répond : « Dès le début et jusqu'à aujourd'hui, nous expliquons aux touristes qu'en donnant des cadeaux aux enfants, ils vont les « gâter ». J'ai visité le pays dogon, et je ne veux pas que les touristes transforment nos enfants en mendiants. Je leur dis parfois : Pourquoi, parce que vous êtes plus riches que moi, allez-vous donner à mes propres enfants plus que ce que je peux leur donner moi-même. Il y a des villages où les touristes ont tellement pourri les enfants, que certains ne vont plus à l'école ! C'est aussi pour cela que nous avons créé notre association. Si vous voulez aider nos enfants, faites vos dons à notre association, nous pourrons leur offrir leurs fournitures scolaires. Les touristes comprennent ce langage. Certains ont même été jusqu'à créer une association dans leur propre pays pour soutenir notre village à travers notre association. Grâce à eux, notre école a maintenant 6 classes, au lieu des trois précédemment. »

Aujourd'hui, plusieurs jeunes ont reçu une formation de guide et d'accompagnateur. En lien avec des agences de tourisme présentes au Burkina, ils peuvent accompagner des groupes de 4 à 9 touristes pour des randonnées à pied d'une ou deux semaines.

Nous avons là une initiative paysanne qui, me semble-t-il, mérite d'être connue.

Koudougou, le 9 juillet 2011
Maurice Oudet
Président du SEDELAN

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 18:23

« C'est mon vieux, qui m'a fait découvrir et aimer ce travail de pépiniériste »

Me voici de retour au Burkina. Les pluies, elles aussi, sont de retour, si bien que le Burkina est en train de reverdir. Samedi dernier, le 25 juin 2011, me rendant à Bobo, j'en ai profité pour faire un crochet au pays dagara, et y saluer mon ami Somé Nouritol, à V7, sur la route qui va de Dano à Koumbia.


Nouritol dans sa pépinière avec deux de ses employés Visite de la pépinière, à V7Je l'ai rejoint dans sa pépinière, vers 15 heures, en plein travail. Il était en train de mettre des plants de manguiers dans des sachets en plastique, avec l'aide de deux de ses employés. C'est que l'hivernage semble s'installer, et que les clients ne vont pas tarder à venir ou à passer leurs commandes. Cette lettre voudrait rappeler qu'il est temps de se préparer à planter des arbres, mais aussi être un hommage à tous les pépiniéristes. Tous ont leur histoire personnelle. Celle de M. Somé Nouritol me semble intéressante à un plus d'un titre.

Il est né dans la commune de Guénguéré, près de Dano en 1966. En ce temps là, les vieux du village avaient un profond respect de la terre, et des arbres. Il y avait des bosquets sacrés (où il était interdit d'abattre un seul arbre). Partout, certains arbres étaient protégés, comme les karités, les nérés, les acacia albida. Mais le père de Nouritol, un paysan au milieu de paysan, allait plus loin. C'était un grand travailleur. Il a transmis à son fils un profond amour des arbres, de tous les arbres. Nouritol n'avait que 10 ans quand son père lui disait de s'intéresser aux arbres. « Ils nous donnent la vie, comme le mil et les arachides. N'aie pas peur de planter des arbres, même si tu es le seul à le faire. »

Cela n'a pas empêché le jeune Nouritol d'aller tenter sa chance en Côte d'Ivoire. Cependant, en 1985, il retourne au village pour saluer sa famille. Mais il trouvera son père gravement malade. Au décès de son père, il décide de rester dans sa famille. Il sera là en 1990 quand avec le recul de la mouche tsé-tsé, l'AVV (l'Autorité pour l'Aménagement des Vallées des (fleuves) Voltas cherchera 65 personnes pour s'installer à V7 (Vallée n° 7) entre Dano et Kumbia.

On y trouve des acacia albida, des manguiers, des nérés... Notre pépiniériste devant son champ de manioc !Comme les autres, il recevra un peu de matériel pour défricher de nouveaux champs : pelles, brouettes, barre à mine... En 92, un responsable de l'AVV ayant remarqué son intérêt et son travail pour les arbres, l'invitera pour une formation de pépiniéristes à Orodara. C'est là qu'il apprendra à faire des greffes pour avoir de beaux manguiers, mais aussi des goyaviers, des citronniers... Il recevra des semences d'eucalyptus, d'anacardiers, de nérés, d'acacias albidas.

Aujourd'hui, sans faire de bruit, par sa persévérance et son goût du travail bien fait, mais aussi parce qu'il n'a pas peur des initiatives, il est à la tête d'un domaine où sa terre, ses sols et ses arbres respirent la santé. Sa dernière initiative : faire un champ de manioc. Nous allons le visiter ensemble. Il est magnifique ! Sur le retour, il cueille un fruit sur un anacardier, et il fait cette réflexion. « Comme la terre est bonne, cet arbre donne des fruits toute l'année. »

A la fin de ma visite, en contemplant ce que un paysan presque seul a été capable de faire, je me dis que toute commune rurale pourrait (devrait) avoir son « paysan pépiniériste ». Je me demande ce qu'il en est du projet du Président : « 8 000 villages, 8 000 bosquets ». Pourquoi pas un nouveau projet : 302 communes rurales, 302 paysans pépiniéristes !

Bobo-Dioulasso, le 26 juin 2011
Maurice Oudet
Président du SEDELAN

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 21:14

Dégradation de l'environnement

Quelle stratégie pour lutter contre la désertification dans la région de l’Extrême Nord du Cameroun ? 

 Dr Robert FOBA - Associé - Maroua CAMEROUN

 

La région de l’Extrême Nord du Cameroun est une zone à écologie fragile. Porte d’entrée du désert au Cameroun, c’est aussi la région où les problèmes de dégradation des sols se posent avec une forte acuité. Les gens vivent et ressentent au quotidien les impacts de l’avancée du désert par les changements climatiques, la rareté des pluies et leur mauvaises répartition dans le temps et dans l’espace avec pour effet corollaires les mauvaises récoltes, la baisse des rendements, l’insuffisance alimentaire et la malnutrition chez les couches les plus sensibles : à savoir les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes. Dans certaines localités de la région, la sous alimentation est endémique et la misère est présente.

 

 

petit doc' sur le Cameroun pour vous donner des nouvelles de soeur Jeanette ,dont je vous ai souvent parlé.

soeur Jeanette qui a oeuvré beaucoup pour les enfants scolarisés ,puis ensuite le Cren dont elle avait la charge et pour lequel ,elle s'est battue pour faire reconnaitre au niveau des autorités et aussi pour en faire ce qu'il est aujourd'hui.

soeur Jeanette ,vient d'etre promus "vice-provinciale" de la region Afrique de l'ouest .basée au Cameroun (etant camerounaise ,elle meme).

elle aura la lourde charge de superviser les communautés dont celles du Burkina Faso(Diébougou,Pharyago et Koudougou)

BRAVO ,JEANETTE...

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Published by toubabou - dans ABC Burkina
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